LA MAITRISE DE LA PYRAMIDE DES AGES COMME FACTEUR
DE COMPETITIVITE DE L’ENTREPRISE.
Par Yves B. SIGNING
La compétitivité de l’entreprise
est la conjugaison de plusieurs facteurs, parmi lesquels les ressources
humaines. Aussi, des différents leviers dont dispose le gestionnaire
des ressources humaines, il importe d’accorder une attention
soutenue à la pyramide des âges. Tant sa maîtrise
constitue à maints égards un des facteurs de compétitivité
de l’entreprise.
A l’image de la pratique qui a cours lors
du recensement de la population, l’élaboration de la
pyramide des âges au sein de l’entreprise consiste à
regrouper les employés par classe d’âges et par
sexe. Cela devrait se faire tous les 5 ans. Au delà de ce
regroupement, tout l’intérêt de la démarche
sera d’analyser cette pyramide, de comprendre sa configuration
et les problèmes qu’elle soulève, d’esquisser
les solutions susceptibles d’aider à y faire face.
Dans cette perspective la connaissance de la typologie des pyramides
d’âge constitue un préalable.
Le champignon
La pyramide des âges
a la forme de champignon lorsque la moyenne des âges du personnel
est de 45 ans. C’est à dire que ce personnel est constitué
majoritairement de personnes qui iront bientôt à la
retraite. Il s’agit donc d’un personnel vieillissant.
Pour la plupart des employés, l’avenir est au passé,
il n’y a plus de raison de rêver, l’innovation
cède le pas à la routine. Une situation fréquente
lorsque les recrutements sont gelés.
La toupie
Pour la pyramide des âges qui à la
forme d’une toupie, la moyenne d’âge est de 35
ans. Il n’y a pas assez de très jeunes et de vieux.
Les jeunes qui sont majoritaires, constituent une source d’innovation,
les vieux n’étant pas nombreux. Malheureusement, la
bataille que se livrent les jeunes entre eux pour remplacer les
ces vieux crée au sein de l’entreprise un climat délétère.
Chacun veut être chef.
La poire
Ce type de pyramide est très souvent caractéristique
des entreprises qui viennent d’être créées.
Il y a donc beaucoup de jeunes, la moyenne d’âge est
faible. Autant dans cette situation le personnel est très
enthousiaste, rêve beaucoup, autant les risques d’erreurs
sont élevés à cause de l’inexpérience.
La pelote de laine
Une pyramide d’âge en forme de pelote
de laine est caractérisée par la forte présence
d’autant de très vieux que de très jeunes salariés.
Ceci se passe généralement lorsqu’il y a eu
une guerre ou une pandémie. On assiste face à cet
équilibre numérique, à la guerre de génération.
Le cylindre
La pyramide
de cette forme apparaît aux gens de nombreuses spécialités
du management comme étant la pyramide idéale. Elle
est caractérisée par une harmonieuse répartition
des âges entre les jeunes et les vieux. Il revient donc aux
gestionnaires d’avoir toujours comme préoccupation,
œuvrer pour que la pyramide des âges de leurs entreprises
aient cette configuration.
Il va de soi
que l’étude de la pyramide des âges n’est
pertinente que pour les entreprises ayant un effectif assez important.
Plus l’effectif est important, plus l’analyse de la
pyramide s’inscrit dans une perspective de réajustement.
Pour donner aux quatre premières pyramides présentées
la configuration d’une pyramide en cylindre, le manager a
diverses options qu’il peut adopter. La juxtaposition des
pyramides en champignon et cylindre permet d’illustrer cela.
Il appartient
donc au manager de mettre sur pied une politique de gestion de départs
à même d’encourager les personnes âgées
et ceux qui le désirent à quitter l’entreprise,
non sans créer des conditions incitatives. Recruter les jeunes
s’avère également important. Et dans cette lancée,
leur permettre de se convaincre que leur avenir est dans l’organisation.
D’où l’impératif d’une visibilité
sans ambiguïté sur le plan de la carrière. A
travers l’out placement, l’entreprise pourra aider certains
employés dont elle se sépare à intégrer
d’autres organisations.
C’est
dire combien le prix à payer pour la compétitivité
de l’entreprise passe aussi par la maîtrise de la pyramide
des âges de son personnel. Dès lors que, inertie, lutte
de génération, coups bas et attitudes mesquines dictées
par les visées carriéristes de certains employés,
sont incontestablement des goulots d’étranglement pour
l’entreprise, car ne favorisent pas l’instauration d’une
ambiance de travail sereine. Ambiance dans laquelle chaque employé
donnerait le meilleur de lui-même.
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