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LES DEFIS A RELEVER PAR L’EGLISE POUR JOUER PLEINEMENT LE ROLE D’ACTEUR DE DEVELOPPEMENT

Par GUIOLI BOUGONG

Face à la défaillance des pouvoirs publics dans la gestion des aides au développement, certains bailleurs de fonds ont depuis de nombreuses années opté pour le recours aux Eglises comme relais de leurs actions dans les pays du Sud. Avec le recul, force est de relever que certains indices laissent croire que celles-ci n’étaient pas préparées pour assumer une telle responsabilité. D’où l’intérêt de repenser leur rôle en tant qu’acteur de développement.

L’option prise par les bailleurs de fonds s’est avérée être aux yeux de certains observateurs une solution rapide, dénuée de toute préparation des nouveaux bénéficiaires des fonds dans la réorientation de la coopération entre les organismes de financement du Nord et les projets de développement du Sud.

Tout s’est déroulé sans tenir compte des préalables liés à la sensibilisation des pères des Eglises sur les questions de Développement.
Cette impréparation a entraîné de la part des responsables des Eglises une confusion entre les activités pastorales dévolues à l’Eglise et les activités de Développement reconnues aux projets de ces Eglises.
Cette incompréhension de rôle par les responsables des Eglises a entraîné des problèmes dans chacune des entités compromettant ainsi l’atteinte de leurs objectifs.

Les situations suivantes apparaissent :

a) – Dans les Eglises

- Ingérence des représentants légaux des Eglises dans la gestion quotidienne des projets ;
- Non clarification des rôles entre les organes entraînant des cloisonnements ;
- Blocages dans l’engagement des dépenses pour les projets parce qu’on n’appréhende pas la pertinence des projets de développement des Eglises ;
- Confusion entre le système de gestion des projets et celui des Eglises ;
- Centralisation de la gestion de la trésorerie par la tutelle ecclésiastique ;
- Lourdeur administrative freinant la réalisation des activités des projets ;
- Incompréhension de la logique de la gestion des projets par les responsables des Eglises créant ainsi des problèmes relationnels avec les coordinateurs des projets ;
- Transposition des statuts , règlement intérieur et manuels de procédures de gestion des Eglises dans les projets ;
- Centralisation des décisions par le clergé ;
- etc.

b) – Dans les projets des Eglises

- Impossibilité d’élargir le nombre des partenaires financiers à cause de la connotation religieuse des projets (catholique, protestants, évangélique, etc.….)
- Textes de base et procédures de gestion des Eglises non adaptés à la réalité spécifique des projets ;
- Retard dans l’exécution des activités à cause des blocages administratifs de la tutelle ecclésiastique ;
- Absence de prise d’initiative par les coordinateurs des projets due à la centralisation des pouvoirs par le représentant légal ;
- Inexistence d’une autonomie financière ;
- Système trésorerie unique ne permettant pas de maîtriser les mouvements de fonds des projets ;
- Pertes d’opportunités d’affaires à cause de l’effigie des Eglises (Ex : Diocèse de …..Projets……… , Evangélique……Projets……, etc.) ;
Tout ceci constitue un frein dans la recherche de nouveaux partenaires financiers ou de mise en réseau par ces projets.
- Effectifs pléthoriques à cause des recrutements de complaisance (parrainage et recommandations du Clergé) .

Malgré toutes ces insuffisances ressorties parfois par les auditeurs et les évaluateurs externes, les partenaires financiers s’obstinent à soutenir ce système de financement à travers les Eglises. Il convient de trouver ici une stratégie efficace à utiliser par les bailleurs de fonds pour aider les Eglises et leurs projets à remplir effectivement leur rôle comme acteurs du développement (amélioration des conditions de vie des fidèles des Eglises).
Les défis
Voici quelques idées qui conduisent à la mise en place d’une synergie des actions entre les Eglises et leurs projets dans l’atteinte de leurs objectifs communs de développement :

1)- Au niveau des Eglises

- Mener les réflexions pour que les responsables des Eglises restent comme membres des organes statutaires des projets des Eglises ;
- Les attributions des organes doivent être clairement décrites tout en définissant les mécanismes de collaboration entre eux ;
- Mettre en place des mécanismes de rentabilisation des infrastructures des Eglises utilisées par leurs projets ;
- Œuvrer pour une claire séparation des pouvoirs entre les Eglises et leurs projets ;
- Elaborer des directives de soumission des rapports, des statuts et d’un plan stratégique pour chaque projet ;
- Clarifier les conditions d’intéressement des membres des organes statutaires ;
- Transférer l’autonomie financière aux projets en mettant en place un système de contrôle interne efficace et adapté ;
- Définir le profil du choix des membres des organes statutaires (connaissance du secteur d’intervention du projet, expertises dans le domaine d’activité du projet, etc…..) ;
- Mettre en place une structure organisationnelle claire ;
- Reconnaître aux projets des Eglises leur spécificité ;
- Suppression de l’effigie des Eglises sur les documents de présentations du projet
- Etc………

2)- Au niveau des projets des Eglises

- Mettre en place un système de « rendre-compte » avec une description des documents à produire et leur destination ;
- Elaborer des textes de base et des procédures de gestion spécifiques aux projets ;
- Bien définir la description des postes en délimitant les différentes tâches et des responsabilités ;
- Instaurer des mécanismes d’une gestion partagée et transparente au sein de l’équipe des projets.

 



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