
De la synergie ONG- Etat et populations
Les organisations non gouvernementales (ONG) se sont depuis de nombreuses décennies imposées dans le débat (et parfois par les actions) sur les questions de développement dans l’hémisphère Nord. Ce qui n’a pas toujours été le cas dans les pays du Sud en général et africains en particulier. Tant c’est à la faveur du vent de démocratie qui a soufflé dans ces derniers que le mouvement associatif s’est davantage encré dans les mœurs.
Au détour des revendications pour plus de liberté, pour une plus grande participation à la gestion des affaires de la cité, les populations ont créé ici et là des associations. Une situation qui dans bon nombre de pays a amené les pouvoirs publics à adopter des lois régissant l’activité des ONGs et d’autres acteurs de la société civile. Une société civile qui dans bon nombre de pays, a encore des contours brumeux.
C’est dans un tel contexte que la question du rôle de ces autres interlocuteurs des pouvoirs publics et/ou de la population se posera avec acuité. Un affrontement de thèses qui est à la mesure de la difficulté à cerner leur véritable rôle dans un environnement paupérisé. L’une estimant qu’elles ne jouent pas le rôle qu’elles sont sensées jouer car elles ont tendance à croire qu’elles peuvent se substituer à l’ÉTAT, l’autre les accusant de ne rouler que pour elles au détriment des populations pour lesquelles elle prétendent travailler et défendre les intérêts.
Au sujet des solutions alternatives proposées par les ONGs, associations et autres organisations de la société civile pour aider les populations à combattre la pauvreté, je dirai que les ONGs ne peuvent pas développer un pays ; les ONGs contribuent au développement d’un pays.
Les ONGs qui travaillent dans le secteur agricole par exemple, devraient s’inscrire dans la logique de la politique gouvernementale en matière de transformation agricole. Cette politique doit être élaborée de concert avec les autres acteurs concernés de la société civile. Les ONGs, partout où elles interviennent devraient le faire en partenariat avec les structures étatiques. Quand on voit le moniteur agricole au village, et l’animateur de l’ ONG, ils se comportent parfois comme des concurrents au détriment des paysans qui sont la raison d’être de leur existence.
L’action de l’ONG doit tenir compte de la vision des structures à la base dans la zone où elle travaille. De plus, l’ ONG doit travailler en fonction de la vision des bénéficiaires à long terme, condition nécessaire pour un développement endogène.
Un partenariat doit être développé entre la structure d’appui et l’organisation bénéficiaire des actions. Les organisations de la société civile, pour bâtir leur vision, doivent intégrer les bénéficiaires dans la réflexion pour que cela porte des fruits.
L’efficacité des ONGs dépend du degré d’organisation interne. L’auto promotion commence par les individus qui travaillent dans les institutions. Il se pose ici la question de la circulation de l’information au sein des ONGs. L’expérience a prouvé qu’un animateur frustré ne ramènera aucun résultat significatif.
L’action de l’ONG doit se traduire par une transformation effective dans la société.
Que ceux qui font le procès des ONGs engagent celui de la décentralisation.
Clotaire KOUOMO
Directeur Général du Cabinet AGESFO
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